Passagers dans la presse

Un petit article dans Le Soir s'ajoute aux recensions de Joseph Bodson sur le site de l'AREAW et de Tito Dupret pour Le Carnet et les Instants.

LE SOIR supplément Livres du 20 et 21 octobre 2018

 

AREAW

"Au début du livre, une dédicace de l’auteur:Tous ces portraits ont été imaginés dans le métro bruxellois, en regardant les gens. Je souhaite les dédier aux victimes de l’attentat du 22 mars 2016 à Maelbeek.

Et je puis vous assurer, après avoir lu le livre, qu’il ne s’agit pas là, comme c’est trop souvent le cas, d’une publicité déguisée. Non, il s’agit seulement de ces gens anonymes, interchangeables, qui bien souvent ne nous voient pas, ou que nous ne voyons pas. Interchangeables. Mais pourtant…Il suffit de les regarder, de bien les regarder, pour qu’ils redeviennent des êtres vivants, d’un seul regard, par la grâce d’un sourire. Etranges étrangers. Venus de si loin, du bout du monde, et qui sont là, tout près de nous, à nous côtoyer. Le métro, cet étrange château de la Belle au Bois Dormant. Les couleurs un peu passées, un peu pâles, un peu grises, des dessins de Jeroen Hollander. Tout ce qu’ils ont à nous dire, à nous raconter…

Il s’essuie avec sa casquette,/ Il ‘essuie la bouche et il s’essuie le front. / Il transpire. Comment fait-il pour avoir chaud ici/ quand tout le monde porte un bonnet?/ Ses yeux se ferment à moitié/ de fatigue et de vieillesse./ Il s’endort/ et sa lourde montre en or/ brille à son poignet./ C’est une montre en provenance de la Sicile/et que lui a donnée son cousin il y a bien longtemps/ sur la place Bellini, un treize août,/  pour un service rendu/ C’est l’or de la Sicile./ C’est le temps de la Sicile/ C’est là-bas qu’il va quand il s’endort/ C’est là-bas qu’il transpire,/c’est ici qu’il s’essuie.

ou bien encore:

Elle porte/ un jardin complet sur ses genoux/ et dans ses mains en coupe, on pourrait./ mettre un peu d’eau peut-être./ Pour nourrir les fleurs./Quant au soleil, il est/ comme un grain  de beauté/ au-dessus de sa lèvre.// A chaque moment, elle caresse le monde.

Oui, s’il nous arrive, parfois, de lever les yeux, de caresser le monde, ces gens qui nous entourent, dans le métro, c’est tout qui prend couleur, et qui se met à vivre. Cela tient à nous, à peu de chose. Une esperluète, un lien ténu qui se crée. Et la haine qui, très lentement, très légèrement, se retire, pour faire place à autre chose…Plus est en nous."

 

Joseph Bodson

Article à lire sur le site de l'AREAW

 

 

Le Carnet et les Instants

"Entre ces neuf arrêts sur image quasi psychédéliques lorsqu’on les voit en couleur sur internet, Ludovic Flamant écrit vingt-trois arrêts sur personne ; portraits songeurs de passagers surgis. Lui est là comme le petit prince, sur pause et posé sur le bord de la planète cosmopolite bruxelloise. Qui sont tous ces gens ? Que font-ils là ? Se reconnaîtraient-ils dans ces petits poèmes qu’ils inspirent ? Que préfèreraient-ils ? Leur véritable histoire ou celle peinte parmi les lignes de Ludovic entre les traits de Jeroen ?

Chacun pour soi.

Ce sont des passagers décrits par des passeurs d’impressions. Tout est ici anonyme. On se croise sans se connaître et on ne se rencontre pas. C’est le métro. Un espace étroit au min’ dans un temps réduit au max’. Ludovic Flamant entre dans le détail sous terre et Jeroen Hollander dessine au large dans le ciel. À nous lecteurs de plonger dans l’espace intermédiaire. À nous de faire cette vertigineuse chute qu’est la lecture, de l’œil à la page."

 

Tito Dupret

Article à lire en entier sur le site du Carnet et les Instants