Une double exposition chez Exit 11 à Grand-Leez

Week-end d'ouverture, les 24 et 25 avril prochain

 

la beauté du monde
une exposition proposée par les éditions Esperluète

avec Michel Barzin, Kikie Crêvecœur, Alexandra Duprez, Anne Marie Finné, Anne Leloup, Camille Nicolle, Luc Stokart, Bob Verschueren, Pascaline Wollast

et des textes de Paul André, Eddy Devolder, Frédérique Dolphijn, Albane Gellé, Françoise Lison, Colette Nys, Veronika Mabardi, Nicole Malinconi, Jean Marc Turine, Benoît Reiss,…


L’invitation lancée par Exit 11 et la revue K1L m’est apparue comme une possibilité de rassembler des amis plasticiens ayant participé aux publications des éditions Esperluète.
J’ai alors eu envie que leur lien avec les livres soit implicite. Je ne souhaitais pas montrer des originaux, sortir les images des livres, mais plutôt prendre la proposition à l’envers et montrer le « pourquoi » de leur présence, le lien qui les unit aux éditions Esperluète dans une démarche cohérente et réflexive autour d’un thème donné. Très vite aussi, il est apparu que des textes devaient jalonner l’exposition, ils sont le reflet du travail des écrivains publiés au long de plus de vingt-cinq ans d’édition.

Dessiner, écrire, éditer
est souvent, me semble-t-il, une question de point de vue, donc de regard et, par conséquent, d’attention portée au monde. Un monde merveilleux ou malheureux, abîmé ou intact, beau ou laid – est-ce important ? Peut-être, sans doute. Mais la question de ce qui met en mouvement le monde et sa représentation, ce qui les transforme m’importe encore plus.
C’est sans doute sur le lieu de ce point de vue, devenu point de bascule, que l’artiste, l’écrivain ou l’éditeur peut faire émerger du sens.
L’outil et la pratique des uns et des autres viennent révéler le monde dans sa complexité, loin des discours figés ou univoques. Cet espace (la maison d’édition) qui se construit au jour le jour se veut un lieu qui parle du monde sous toutes ses formes. C’est le lieu de la pluralité des points de vue qui invite le lecteur au mouvement et à la découverte d’une représentation singulière de ce qui est en jeu.

Marcher, contempler, tracer,
sont les trois verbes qui ont guidé le choix des œuvres et des textes sélectionnés pour l’exposition. Trois mots, présents en filigrane, qui rythment un mouvement simple, lent et atteignable de traversée du monde.

La beauté du monde est un titre un peu provoquant, faussement naïf, volontairement décalé en cette période de repli contraint et de désastre écologique. Il fait le pari qu’avec ou sans nous, le monde contient en lui-même sa beauté, que la nature est résistante, que le paysage traversé – même quand il garde la trace de l’outrage – est un espace-temps infini ; un lieu que l’artiste peut s’approprier et dont il peut être le passeur. Alors, discrètement, la beauté se faufile et trouve un chemin pour arriver jusqu’à nous.

Anne Leloup, avril 2021

 

 

En regardant le travail de Michel Barzin, nous dit Nora De Kempeneer, « il y a toujours quelque chose de l’expédition-découverte avec, au détour de chaque colline ou coude de rivière, de nouvelles surprises. Ses paysages sont superbes, souvent non identifiés. Au premier regard tout semble évident, mais ce n’est pas le cas. Des arbres se mettent à flotter [comme dans la série Love (7) ici présentée], des cafetières voguent dans l’air, de petites filles sans tête racontent leur histoire, les éléphants se perdent dans des matchs de boxe. On soupçonne un monde très particulier dans la tête de l’artiste. Sous la gaieté des belles images se cache une réflexion critique sur ce qui se passe dans ce monde. Rien dans son travail n’est innocent. Et, dans ses images, cela se traduit sans mots. »

Kikie Crêvecœur travaille surtout la gravure en relief sur linos et sur gommes. Dans Infinie éphémère (3), elle crée un jeu de juxtapositions, de superpositions de gommes noires ponctuées de quelques points blancs qui quadrille l’espace. Ce jeu nous transporte dans les profondeurs d’un infini cosmique. Structures subtiles d’où émerge la lancinante question d’une existence éphémère. Non loin, Entre P et L, quatre linogravures rendent compte de la vision fugace d’une nature luxuriante à la fascinante complexité.                                                         

Alexandra Duprez (8) place la figure humaine au centre de son travail, une figure en interaction avec des éléments d’ordres divers (animal, végétal,…). Elle nous parle de « ces rapprochements - oppositions, ces juxtapositions et ces effacements qui mettent en scène un nombre limité de ‘lambeaux’ d’images » et elle ajoute «  je les re-visite à chaque tableau et je les complète, d’année en année. Jumeaux, chevelures, cabanes, main gauche - main droite, ombres, ondes…  Progressivement depuis quinze ans, il m’est apparu que je prenais à mon compte des choses enfouies, oubliées parfois, de l’histoire des images, et de mon histoire sans doute aussi. La dimension poétique d’un tableau ne m’apparaît, éventuellement, qu’après coup. Dans le chantier des couleurs et des lignes, les associations visuelles et le travail pictural proprement dit, retiennent toute mon attention.»

De Terre Noire (4), dessin sur papier carbone, Anne Marie Finné nous dit : « En feuilletant les pages de livres d’art, des œuvres me relient à mon travail sur le paysage. De Fragonard à Friedrich, je musarde dans les reproductions les scènes pittoresques et les vues nostalgiques de nature. Par l’évidement de la feuille de carbone, j’extrais et révèle des parties d’un tableau. L’image apparaît et ouvre les imaginaires et les possibles d’un nouveau paysage. Épuiser le carbone pour révéler le dessin, passer de sa matière noire à sa transparence, du jour à la nuit, garder des traces et des strates. L’errance du trait est liberté dans l’espace. »

Dessins, peintures, lithographies, gravures, formes découpées, carnets de croquis,…
Anne Leloup (6) utilise volontiers différents supports tout en gardant une continuité dans sa recherche du trait et de la couleur. Il s’agit d’explorer ce qui ne se donne pas à voir immédiatement : les accidents, les blancs, les vides, les passages, comme autant de moments de rupture entre le dessin et sa représentation. Des formes émergent alors, parfois des visages, un végétal, un caillou… entre abstraction et figuration, un vocabulaire se décline. Pour Eddy Devolder, il n’y a «  rien à voir ici avec une peinture abstraite ou une évocation matricielle. Il s’agit plutôt d’un corps à corps avec ce qui provoque l’étincelle, un frottement, une sorte d’accompagnement, une façon d’épouser le vent, de se plier au souffle et de se fondre au signe qui donne sens ».

Camille Nicolle (2) construit des livres, pratique le dessin, propose des ateliers, imprime des affiches, orchestre un festival de poésies… Elle vit aujourd’hui au bord de l’Escaut, à Tournai, en Belgique. Depuis sa formation à l’école des Beaux-Arts de Lyon en graphisme et typographie et à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles en illustration, elle porte, dans son travail, une grande attention aux gestes, aux traces, aux matières. Mais aussi aux outils et à comment ils sont fabriqués. Aux paysages et à comment ils sont façonnés. Une question traverse toutes ses attentions : «  et toi, qu’est-ce que tu vois ? Affuter les regards, ouvrir grands les fenêtres : le champ est vaste et la vie est heureuse. »

Luc Stokart, par son travail photographique (1), revisite ‘la nature et s’en fait l’écho. Un écho qui modifie la prosodie du regard, où la photographie permet une lecture ‘après coup’ et crée une entre-vue ‘nature-photographe’. Tout arrive simultanément et quelque chose se montre successivement par le sens et le rythme mais aussi par les sensations tactiles du regard, les formats, le choix des encres et du papier, les éclairages… La prise de vue peut être d’une grande confusion, d’un gâchis, d’un hasard espéré, d’une défiance du cadrage et, le résultat, une non-coïncidence qui fait retour vers un point de repliement, de creux, de confinement qui était déjà là avant la période actuelle. L’atelier.
Dans son travail, la photographie est ouverture, pas seulement optique mais corporelle avec sa part biographique, ses déplacements, ses écoutes, ses rencontres. Est-ce que cela cristallise ? fait corps, torsion ?

Des premières Wind Paintings, pigments naturels répandus au vent dans le paysage aux nombreuses installations réalisées en Europe comme dans le reste du monde, Bob Verschueren développe un travail en relation étroite avec la nature. Un terrain vague, une forêt, un espace d’exposition… sont pour lui ses ateliers. Avec ses installations, faites tant à l’intérieur de lieux d’expositions qu’à l’extérieur, il porte ses réflexions sur l’indéfectible lien qu’il y a entre la vie et la mort, sur les liens parfois conflictuels, souvent contradictoires qu’il y a entre l’homme et la nature.
Les Miniatures végétales (5) sont des petites sculptures réalisées à partir d’une feuille transformée en quelques gestes qui deviennent des créations très éphémères – le temps que la feuille prend pour se racornir. En les photographiant ou les coulant dans le bronze, leur existence se prolonge, le temps se dilate…

Dans les tableaux de terre cuite (9) de Pascaline Wollast, il y a la collision discrète de deux manières d’être au monde, d’habiter le temps, long et court.  Il y a la fibre éphémère, qui a fleuri et s’est déployée vers le feu lointain du soleil, avec cette fragilité tranquille ... Il y a ce qui témoigne et traverse, qui prend mollement l’empreinte puis la fossilise à travers un feu. Entre les deux, les doigts manipulent, écrasent, dispersent et réordonnent, décoiffent la nature, suscitent le souvenir, entre cendre et fumée, d’un état qui est déjà celui d’hier.

Exposition du 24 avril au 23 mai, du jeudi au dimanche inclus de 14h à 18h.

samedi 24 avril : ouverture en présence de Camille Nicolle, Anne Leloup, Luc Stokart, Michel Barzin

dimanche 25 avril : en présence de Kikie Crêvecœur, Anne Marie Finné, Anne Leloup, Luc Stokart

dimanche 2 mai : en présence de Anne Leloup, Pascaline Wollast

dimanche 9 mai : en présence de Anne Leloup, Kikie Crêvecœur, Luc Stokart

lecture musicale le dimanche 16 mai à 16h : avec Frédérique Dolphijn, Veronika Mabardi (lectures) et Pierre Vancraenenbroeck (batterie)

vendredi 21 mai : en présence de Michel Barzin, Anne Leloup

dimanche 23 mai : finissage

 

Château de Petit-Leez - 129, rue de Petit-Leez, 5031 Grand-Leez

tél : +32 (0) 81 64 08 66 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - www.exit11.be

 

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